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Le goût du Québec

Restaurant 1668

5 octobre 2026 | Julie Marie Dorval

Le goût du Québec

© Jacques Fortin

Faire goûter le terroir québécois à son meilleur, c’est l’ambition du Restaurant 1668. Les produits rares et fins, moins rares mais toujours fins, font la part belle au menu. Concoctés selon des techniques parfois inusitées — toujours justes — et des associations habiles, les ingrédients du Québec font parler d’eux à table. En effet, l’équipe du service aime faire découvrir aux convives ce qui se cache dans leur assiette. Le plus souvent, les soupers du Restaurant 1668 passent ainsi de la bouche à l’esprit.

Trésors d’ici

Dès l’arrivée, l’exceptionnel prend place. Dans la salle à manger aménagée entre les murs de pierre d’origine, datant de 1939, l’ambiance se fait feutrée. Le décor donne le ton ; et la carte, l’eau à la bouche. Renouvelée toutes les six à huit semaines, elle suit les saisons et la disponibilité des produits. Composée d’aliments exclusivement québécois, parfois méconnus, elle sort des sentiers battus. Oursin vert du Québec, esturgeon fumé, porc mangalitsa élevé en liberté et thon Bluefin de la Gaspésie se retrouvent dans des créations qui rehaussent leur goût.

En octobre, le thon pourrait d’ailleurs être présenté en tataki, accompagné d’une mayonnaise, tandis que le raisin de vigne Somerset se retrouverait en dessert. Quant à eux, les melons coréens et les cantaloups étonneraient les papilles en basculant du sucré au salé. « On est un restaurant québécois, mais pas dans le sens de tourtières et d’oreilles de crisse », résume en riant Ariel Cardinal-Petit, propriétaire de l’endroit. « On met plutôt en lumière les produits d’ici, préparés d’une façon spéciale, mais aussi le travail des producteurs et les techniques qui permettent de les sublimer. »

Verres et histoires

Outre bien manger, les clients découvrent des accords mets et alcools allant de l’apéro au digestif, de même qu’une sélection de vins tout aussi québécois que les aliments. « Plein de vignobles qu’on propose ne sont pas représentés à la SAQ : environ 70 % de notre carte est introuvable là-bas, donc les gens dégustent des vins rares chez nous. On choisit des bouteilles qui ont une identité propre, de véritables pépites qui ne se ressemblent pas ! », explique Ariel. Si la carte séduit par son éclectisme, elle se laisse mieux apprivoiser avec un guide. Deux sommeliers orientent par conséquent les convives selon leurs goûts et leur envie d’être surpris.

Au-delà de l’assiette, le Restaurant 1668 mise sur l’envers du décor en fournissant de généreuses explications sur les produits et leur préparation. Certains détails piquent la curiosité, même chez les habitués : « Saviez-vous qu’on fait du safran au Québec ? » Les convives repartent ainsi avec de nouvelles saveurs en mémoire, et quelques découvertes en plus.

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