Cuisine familiale réinventée
« Cette espèce d’ambiance théâtrale, on la perçoit. Quand je m’assois dans la salle avec mes amis et ma famille, je me sens super bien, je suis très confortable. Ce sentiment vient avec les institutions qui ont su garder leur âme », raconte Rémi Harvey, le chef propriétaire du restaurant. L’endroit a une aura qui impose même en catimini quelques partis pris culinaires. « Je suis arrivé avec ma cuisine, mais il a fallu que je l’adapte au Hobbit. Le resto est une véritable entité en soi ! »
Sa cuisine, c’en est une à la fois réconfortante et soignée. Boulettes de viande, filet et langue de porc, poulet et purée de navets paraissent à l’ardoise, garnis d’accompagnements dont seuls les noms ouvrent l’appétit et laissent entrevoir une fête de saveurs. Rémi s’inspire des classiques familiaux, des recettes qui pour la plupart ont traversé des générations, recréés à sa manière, avec génie et élégance. « Ce qui se mange depuis 100 ans peut se manger éternellement, assure le chef. On veut montrer que la cuisine familiale a sa place à notre table, comme les biscuits soda maison, d’ailleurs ! »
Boudin à l’ancienne
Le boudin, préparé à l’ancienne, est un exemple typique : cuit au bain-marie puis au four, à la texture soyeuse et délicate, il a même su convertir des végétaliens ! Ses amis de l’immanquable souper du dimanche soir le pressaient d’apporter du boudin pour expérimenter une recette déjà favorite ou tout à fait nouvelle.
C’est ainsi que, parfois, autour d’une bonne bouteille et des tables chargées de denrées alléchantes que Rémi a élaboré ses plats de boudin, emblèmes du Hobbit, au menu à toute heure du jour.
Le boudin en fait grimacer certains de nos jours encore. Pourtant, bien exécuté, il change les perceptions et montre sa remarquable onctuosité. À l’ardoise, celui de grand-maman Thérèse (un hommage à sa grand-mère maternelle) a le pouvoir de dissiper les appréhensions et de se faire adopter en mode anti-gaspillage.
Resto de quartier comme chez soi
Les serveurs, passionnés et aussi compétents que sympathiques, contribuent à l’atmosphère chaleureuse du lieu. Ils connaissent les plats, échangent avec les clients et font naître ce sentiment de confort qui donne l’impression d’être chez soi. La bohème d’antan, simple et foisonnante de gaieté, s’adonne encore à errer dans la place, tant en cuisine que sur les murs où sont accrochées des toiles de peintres. Le Hobbit a absorbé des décennies de répliques de théâtre, de fous rires et de verres levés tard le soir, d’heureux souvenirs qui s’éternisent.


