Il semble que très peu de parents aiment magasiner pour des articles scolaires. Pour certains, cela devient une activité en soi, une sortie agréable avec leur enfant. En revanche, cela peut rapidement se transformer en un véritable casse-tête.
Chaque année, je constate que de nombreux parents peinent à trouver les fournitures demandées, et j’entends souvent les mêmes questions : « Quelle est l’idée de demander des cahiers avec un numéro spécifique ? Pourquoi les listes ne sont-elles pas uniformes ? Pourquoi faut-il un Duo-Tang avec pochettes et attaches, et un autre juste avec des attaches ? » Bref, les parents sont souvent dans l’incompréhension face à toutes ces exigences.
Comprendre les exigences
La liberté pédagogique est un droit précieux pour les enseignants, et ils y tiennent à juste titre. Il m’arrive parfois d’expliquer ces raisons à certains parents, qui, dans le feu de l’action, partagent leur mécontentement sans savoir que j’ai moi-même été enseignante et que j’exigeais également un matériel précis !
Êtes-vous de ces personnes qui trouvent les demandes des enseignants trop exigeantes ? Je vous comprends, mais permettez-moi de vous expliquer ce qui rend la situation si complexe.
Tout d’abord, il est important de comprendre que chaque enseignant a la liberté d’enseigner comme il l’entend pourvu que le programme soit respecté. Bien qu’il existe de nombreuses autres règles à suivre, les méthodes d’apprentissage demeurent principalement des suggestions. Cette liberté permet d’apporter une touche personnelle à chaque classe, en fonction de la personnalité de l’enseignant. Elle ouvre également la voie à l’innovation, permettant aux éducateurs d’expérimenter différentes approches pour faire progresser les élèves et les motiver davantage.
La liberté pédagogique et les différentes approches d’enseignement impliquent nécessairement des besoins matériels variés. C’est pourquoi, au sein d’une même école, des classes du même niveau peuvent avoir des listes de fournitures distinctes.
Par souci d’efficacité, les enseignants utilisent des méthodes qu’ils jugent pertinentes pour réduire les pertes de temps, notamment lors des transitions entre deux activités.
La réalité d’une classe
Quand tu as 24 petits cocos de sept ans et que tu donnes la consigne de sortir le Duo-Tang de résolutions de problèmes, il y en a 22 qui te demandent : « C’est lequel déjà, il est de quelle couleur ? » En disant simplement « Sortez votre Duo-Tang rouge », nous gagnons un temps précieux, croyez-moi. Même en 6e année, les couleurs aident les élèves à s’organiser et à éviter les pertes de temps.
Pourquoi demander un cahier avec le numéro précis de l’article ? Pour vous guider afin que vous choisissiez le bon format de lignes ou de trottoirs, par exemple. Quand un enfant a en sa possession un cahier avec un trottoir trop petit ou sans pointillés, cela devient très difficile pour lui d’apprendre à tracer correctement ses lettres.
Il en va de même pour les cahiers quadrillés. Il existe une grande différence entre ceux qui sont divisés en mini-carreaux et ceux dotés de carreaux plus grands. Les élèves qui n’ont pas le bon type de cahier rencontrent des difficultés à mettre en pratique ce qu’ils ont appris.
En attribuant un numéro précis, nous souhaitons faciliter la tâche des parents. En sachant qu’ils ont le bon numéro, ils sont assurés de disposer du bon cahier. Les vendeurs des magasins spécialisés sont familiers avec ces demandes, et les commerçants ont accès aux listes des écoles, ce qui leur permet de commander tout le nécessaire pour être certains d’avoir en stock les fournitures adéquates. Lorsque l’on a un ou deux enfants, il est plus facile de s’adapter au matériel de chacun. Cependant, cela devient beaucoup plus compliqué avec 24 ou 26 élèves en même temps !
De plus, les périodes de 60 minutes passent à une vitesse incroyable. Ainsi, prendre deux minutes pour se préparer au lieu de dix peut faire une grande différence. Ces précieuses minutes peuvent alors être réinvesties de manière plus productive. En résumé, chaque minute gagnée, et ce, chaque jour, bénéficie directement aux enfants !
Voilà pourquoi les listes de fournitures sont variées et pourquoi des demandes spécifiques sont formulées. Bien sûr, ce n’est pas un problème si le Duo-Tang ou le cahier ne correspond pas exactement à ce qui a été demandé par l’enseignant. Il arrive que l’on doive se contenter d’un matériel similaire, et c’est tout à fait compréhensible.
À propos de l’identification du matériel
À la liste des fournitures scolaires s’ajoute la demande d’identifier clairement tout le matériel de vos enfants, ce qui est fait par la majorité des parents. Cette procédure est essentielle. Chaque jour, nous ramassons des crayons par terre. Lorsque nous demandons à qui ils appartiennent, la réponse est immanquablement : « Pas à moi ! ». Une situation classique qui se répète chaque année. Tous ces crayons perdus finissent dans un pot, et les enfants ne veulent pas les récupérer sous prétexte qu’ils ne leur appartiennent pas ! Et cela ne concerne pas que les crayons à mine ; si vous pouviez voir tout ce que l’on retrouve sous les pupitres ! Crayons de couleur, feutres, gommes à effacer, sans oublier les mouchoirs usagés, et tout cela n’appartient à personne, bien sûr !
En plus de coûter plus cher aux parents, cela représente aussi du temps perdu à chercher le propriétaire plutôt que de le consacrer à ce qui importe le plus.
En conclusion, n’oubliez pas que tout ce qui est demandé par l’école ou par l’enseignant est généralement une recommandation, et non une obligation. Toutefois, gardez à l’esprit que ces demandes visent à assurer le bon fonctionnement de la classe et le bien-être de vos enfants, et non à compliquer la vie des parents !
Pensez-y lors de vos prochains achats d’articles scolaires… Votre expérience en sera probablement plus agréable… ou, du moins, un peu moins lourde.