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L’envers de l’implication

31 octobre 2013 - Par Pierre Paul-Hus

Lorsqu’on est une personnalité publique ou lorsqu’on occupe un poste-clé dans une entreprise, il y a de fortes chances que l’on soit, tôt ou tard, approché pour devenir président d’honneur d’une activité philanthropique ou ambassadeur d’une fondation. La raison en est bien simple et découle d’une logique mathématique : plus on est connu ou plus on se trouve en haut de la hiérarchie, plus, en général, on connaît de gens ou plus de gens nous connaissent, donc meilleures sont les probabilités que ceux-ci acceptent de soutenir la cause que nous endossons si nous leur en faisons la demande. Et l’équation se transforme littéralement en multiplication si notre cote de popularité est élevée… ou si l’on a soi-même soutenu plusieurs causes au cours des dernières années.

S’il est un phénomène que j’observe depuis quelque temps, c’est bien la prolifération des activités caritatives visant à recueillir des fonds pour diverses fondations, dont plusieurs ont été créées assez récemment. Les propositions d’implication s’avèrent donc de plus en plus nombreuses et, par conséquent, les sollicitations pour « donner généreusement » également.

L’envers de la médaille, c’est que chaque personne sollicitée est susceptible de « collecter » à son tour au nom d’une cause qui lui tient à coeur. Comment refuser quoi que ce soit à une personne qui a eu la bonté de nous encourager ? C’est ainsi que s’installe, ce que j’appelle, le « cercle vicieux du don » ou le « retour d’ascenseur » attendu.

Un ami m’a confié dernièrement que sa présidence d’honneur à une activité philanthropique importante à Québec lui a coûté plus de 40 000 dollars. Ce qu’il était parvenu à récolter pour cette fondation, il a dû le « réinvestir » pour encourager plusieurs de ses donateurs, eux-mêmes impliqués auprès de diverses fondations. En 2013, il a choisi de se retirer, du moins temporairement, du monde de la philanthropie, la spirale du « Tu me donnes, je te donne » étant devenue trop infernale. La preuve que la générosité peut avoir un prix élevé !

Cela dit, malgré les « risques » que comporte toute collecte de fonds, je trouve important de continuer de nous impliquer pour une ou des causes en lesquelles nous croyons. La beauté de la chose, c’est que nous avons le choix ! Et continuons d’être généreux, à la hauteur de nos moyens ! Tant de gens, petits et grands, en ont besoin...

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