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La Reconquête

5 décembre 2023 | Marie-Josée Turcotte

La Reconquête

Il y a un an exactement, je vivais une période charnière de mon existence. Après avoir tenu le fort toute seule pendant six ans à titre d’éditrice du magazine Prestige, dont deux années entières à négocier avec la pandémie, je me sentais à bout de souffle et en manque de ressources. Une triste décision avait été prise : cesser de publier le magazine. Je peux bien vous l’avouer à présent que la tempête se trouve derrière moi !

Or, il s’est passé quelque chose de totalement inattendu en décembre 2022. Un événement merveilleux que je n’espérais plus, que je n’attendais plus. Et cet heureux événement est survenu par l’entremise d’une personne pour qui j’ai une sincère amitié et une profonde admiration, France Bélanger. La vie nous fait parfois de ces cadeaux !

France et moi nous connaissons depuis 15 ans. Je me souviens, comme si c’était hier, de notre rencontre aux bureaux du magazine Prestige situés à l’époque sur le boulevard René-Lévesque Ouest, où nous avons eu le bonheur de nous côtoyer entre 2008 et 2016. Devant la photocopieuse, nous avons engagé la conversation comme si nous nous connaissions depuis toujours. Ce fut un véritable coup de foudre en amitié, comme il en arrive très peu dans une vie. Ce furent les plus belles années de ma carrière.

La crise des médias nous a malheureusement séparées à la fin de 2016. Au cours des années qui ont suivi, j’ai terriblement souffert de son absence, de son inépuisable énergie, de son sens de l’humour, de son professionnalisme et de son incroyable pouvoir de persuasion. Chaque fois que je vivais une situation problématique, je me demandais : « Comment France aurait réglé ça ? »

J’avais perdu ma collègue en or, mais pas ma fidèle amie. Devenue viceprésidente des ventes chez L’Antidote Médias, France a alors lancé l’idée aux associés d’acheter le magazine. C’est donc grâce à elle que le « miracle » est survenu. Les propriétaires n’avaient qu’une condition : en 2023, France devait assurer la gestion des ventes et moi, je devais demeurer à mon poste de rédactrice en chef, histoire de réaliser une transition efficace. Il s’agissait pour nous de retrouvailles inespérées. France a donc accepté de repousser d’une année son départ à la retraite et elle s’est lancée tête baissée dans ce défi où rien n’était gagné d’avance. Nous avions un an pour prouver que l’achat du magazine en valait le coup.

Je dois souligner au passage l’audace du directeur général de L’Antidote, Micaël Minguy-Bédard, qui a convaincu ses partenaires d’affaires d’ajouter le magazine Prestige au portfolio de l’entreprise. Seul un visionnaire pouvait détecter son potentiel et jongler avec sa part d’inconnu et d’incertitude. Le pari était risqué, mais Micaël l’a remporté haut la main ! En effet, rapidement, et à ma grande surprise, les ventes ont littéralement explosé et le nombre de pages a doublé. Si les années difficiles se trouvaient derrière nous, il a néanmoins fallu apprendre à gérer une croissance phénoménale; merci à nos talentueux rédacteurs-journalistes, à nos photographes et graphistes qui se sont donnés corps et âme pour que Prestige reste à la hauteur de sa réputation malgré la déferlante de travail qui n’a fait que s’accentuer au fil des mois. Pour preuve, l’édition record de 148 pages que vous tenez présentement entre vos mains. Prestige a retrouvé la place qu’il mérite dans le cœur des gens de Québec et de Lévis. Nulle vice-présidente des ventes, nulle rédactrice en chef ne pouvait espérer un plus beau cadeau pour clore une carrière bien remplie.

C’est donc avec le sentiment du devoir accompli et une grande fierté que France et moi passons maintenant le flambeau à la relève. Un rôle bien mérité de mentor et d’ambassadrice du magazine Prestige attend celle qui fut à la fois la courroie de transmission et le bois d’allumage du succès de Prestige. Quant à moi, après 15 années de bons et loyaux services, je sens qu’il est temps de céder ma place, même si c'est avec un pincement au coeur. Toutefois, je serai toujours présente d’une manière ou d’une autre, puisque Prestige restera à tout jamais gravé dans mon cœur. Le magazine se trouve désormais dans une position privilégiée pour poursuivre son histoire d’amour avec vous, chers lecteurs. C’est le meilleur scénario qui pouvait arriver.

Un joyeux temps des Fêtes à tous et une heureuse année 2024 ! 

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